Le président du Sénat voit dans la fermeture de la frontière une opportunité de dynamiser la production locale
AKP Phnom Penh, le 04 novembre 2025 --
Samdech Akka Moha Sena Padei Techo Hun Sèn, président du Sénat, a réaffirmé que le Cambodge n'avait jamais demandé à la Thaïlande de rouvrir la frontière, considérant au contraire sa fermeture comme une opportunité de renforcer la production locale.
Dans un message sur ses réseaux sociaux ce soir, Samdech Techo Hun Sèn s'est félicité de la récente évolution positive suite à la signature de la Déclaration conjointe entre le Cambodge et la Thaïlande par les Premiers ministres des deux pays, facilitée par le Premier ministre malaisien en sa qualité de président de l'ASEAN et par le président américain, Donald Trump, en sa qualité d'envoyé spécial pour la paix. Cette Déclaration comprend la tenue des réunions de la Commission conjointe des frontières (JBC) et du Comité régional des frontières (RBC), ainsi que le retrait initial des armes lourdes de la zone contestée, sous la supervision et la vérification de l'Equipe d'observateurs de l'ASEAN (AOT). « Cela marque un pas vers la fin ou l'apaisement des tensions entre les deux pays, un développement que nous devrions tous célébrer », a-t-il souligné.
« Toutefois, tout en exprimant ma gratitude, je tiens à informer le peuple cambodgien qu'il ne faut pas mal interpréter la réouverture des postes frontières entre le Cambodge et la Thaïlande. Ces derniers temps, certains dirigeants thaïlandais ont évoqué à plusieurs reprises la réouverture de la frontière, risquant d'en faire un enjeu de campagne pour les prochaines élections en Thaïlande », a-t-il dit.
Selon lui, les déclarations répétées des dirigeants thaïlandais, y compris du Premier ministre, concernant la réouverture des postes frontières ont semé la confusion au sein des populations cambodgienne et thaïlandaise, certains croyant que le Cambodge avait demandé à la Thaïlande de rouvrir la frontière.
Le président du Sénat a ajouté qu'il ne souhaitait pas que le peuple cambodgien se couchait avec ces informations erronées. Pour le public thaïlandais, il s'agit d'une affaire intérieure susceptible d'être exploitée à des fins électorales, la réouverture de la frontière pouvant potentiellement servir de thème de campagne.
« Au peuple cambodgien, je tiens à le réaffirmer : depuis la fermeture unilatérale de la frontière par la Thaïlande, le Cambodge n'a jamais demandé sa réouverture. Si la Thaïlande souhaite la maintenir fermée pendant encore 100 ou même 500 ans, c'est son choix. Après tout, la décision finale lui appartient », a-t-il dit.
Samdech Techo a réaffirmé que cette fermeture n'a pas entraîné la chute du Cambodge ; au contraire, elle a créé des opportunités. Elle a promu l'augmentation de la production nationale, remplaçant les produits thaïlandais et stimulant ainsi la croissance de la production locale.
De plus, il a précisé que la fermeture de la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge ne constituait pas seulement une rupture des relations bilatérales, mais une perturbation pour l'ASEAN et l'Asie dans son ensemble. « Qu'adviendra-t-il de l'autoroute de l'ASEAN, du chemin de fer de l'ASEAN et de l'autoroute asiatique ? », a-t-il demandé.
« J'espère que ce message parviendra aux dirigeants et à l'opinion publique thaïlandais, et qu'il fera clairement comprendre que le Cambodge ne plaide pas pour la réouverture des postes frontières. De même, j'espère que le peuple cambodgien ne se laissera pas tromper et ne pensera pas que son gouvernement s'abaisse à solliciter la coopération de la Thaïlande pour la réouverture de la frontière », a conclu Samdech Techo.

Par C. Nika





