L'Assemblée nationale dénonce une « guerre d'agression » et l'usage de gaz toxiques par la Thaïlande
AKP Phnom Penh, le 08 décembre 2025 --
La tension est à son comble à la frontière khméro-thaïlandaise. L'Assemblée nationale du Cambodge a émis une motion condamnant avec la plus grande fermeté ce qu'elle qualifie de « guerre d'agression » menée par la Thaïlande. L'institution législative accuse Bangkok d'avoir violé la souveraineté du Royaume les 7 et 8 décembre en déployant l'aviation de chasse et, fait alarmant, en faisant usage d'armes chimiques.
Selon les informations communiquées par l'Assemblée, l'armée thaïlandaise a lancé une offensive coordonnée sur plusieurs fronts dans les provinces de Preah Vihear, Banteay Meanchey et Oddâr Meanchey. Elle fait état de frappes de chasseurs F-16, de tirs d'armes lourdes et de l'utilisation de « gaz toxiques » contre des cibles cambodgiennes.
Ces attaques, qualifiées de « belligérantes » par les députés, ont causé des pertes en vies humaines et de nombreux blessés parmi la population civile, outre des destructions matérielles considérables.
Pour Phnom Penh, cette escalade militaire constitue une rupture flagrante de la Déclaration relative à l'Accord de paix signée il y a moins de deux mois, le 26 octobre 2025. Ce pacte de non-agression avait pourtant été scellé sous les yeux du monde, en présence du Président américain Donald Trump et du Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim, actuel président de l'ASEAN.
« Ces agissements représentent une transgression majeure de la Charte de l'ASEAN et du droit international », martèle le texte de la motion, qui alerte sur les risques de déstabilisation pour l'ensemble de la région du Mékong.
Face à ce que l'Assemblée décrit comme des « agressions caractérisées », le Cambodge affirme maintenir pour l'heure une posture de retenue stratégique. L'Assemblée nationale soutient la ligne du gouvernement royal, dirigé par le Premier ministre Samdech Thipadei Hun Manet et le président du Sénat Samdech Techo Hun Sèn : privilégier le respect du cessez-le-feu et s'abstenir de toute riposte armée immédiate pour ne pas insulter l'avenir.
Toutefois, les parlementaires exigent de Bangkok l'arrêt immédiat des hostilités et le retour au respect des obligations internationales, conditions sine qua non à toute normalisation.
L'Assemblée nationale a lancé un appel solennel à la communauté internationale, et spécifiquement à l'ASEAN, pour qu'elle sorte de sa réserve et condamne les actions thaïlandaises.
En conclusion de cette session extraordinaire, l'organe législatif a exhorté le peuple cambodgien à « l'unité et la solidarité » pour faire bloc face à l'agression étrangère, renforçant ainsi la résilience nationale en cette période critique.

AKP-Assemblée nationale





