Motion de condamnation relative à l’agression armée de la Thaïlande contre le Cambodge
AKP Phnom Penh, le 17 décembre 2025 -- L'Assemblée nationale du Royaume du Cambodge a condamné avec la plus grande fermeté l'agression armée perpétrée par la Thaïlande contre le Cambodge. Cette offensive s'est caractérisée par l'emploi massif d'armements lourds, incluant notamment des avions de chasse F-16, des roquettes DTI-2, des navires de guerre, des drones de combat, de l'artillerie de 105 mm et 155 mm, des chars d'assaut, ainsi que des bombes à sous-munitions et des agents chimiques.
D’après sa motion de condamnation datée du 17 décembre, ces attaques, qui ont ciblé de multiples sites dans les provinces frontalières, ont donné lieu à des incursions profondes sur le territoire cambodgien, s'étendant sur 80 à 90 kilomètres. Cette agression flagrante et continue constitue une violation manifeste de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Cambodge. Elle enfreint, en toute impunité, le droit international, la Charte des Nations Unies, la Charte de l'ASEAN ainsi que l'esprit de la Communauté de l'ASEAN, faisant peser une menace sérieuse sur la sécurité et la stabilité régionales et mondiales.
Cette attaque brutale et inhumaine ne s'est pas limitée à des objectifs militaires ; elle a visé, de manière délibérée et indiscriminée, des populations civiles innocentes, causant la mort de 17 personnes, blessant 77 autres et provoquant l'évacuation forcée de plus de 400 000 habitants. Elle a engendré des destructions considérables sur des sites classés au patrimoine mondial de l'UNESCO ainsi que sur le patrimoine historique national, endommageant gravement les temples de Preah Vihear, de Ta Krabey, de Tamone Thom et de nombreux autres sites d'une valeur culturelle, religieuse et humaine inestimable.
En outre, le recours aux armes lourdes et aux frappes aériennes par F-16 à l'intérieur des terres a anéanti de nombreuses infrastructures civiles essentielles : habitations, écoles, hôpitaux, pagodes, ponts, routes, ainsi que des établissements économiques tels que des hôtels, des casinos et des bureaux administratifs. Ces actes constituent une violation flagrante du droit international humanitaire et des obligations internationales relatives à la protection des civils et des biens culturels en cas de conflit armé.
« L'Assemblée nationale du Cambodge appelle la partie thaïlandaise à retirer ses forces militaires des zones occupées du territoire cambodgien et à cesser, immédiatement et sans condition, l’usage de tout type d’armement lourd contre le pays, ainsi que toute opération militaire mettant en péril la population civile. Elle l’exhorte à revenir au strict respect des accords de cessez-le-feu, de la Déclaration conjointe sur les accords de paix et de l’ensemble des obligations découlant du droit international, de manière rigoureuse, sincère et de bonne foi », lit-on dans la motion.
L'Assemblée nationale a terminé la motion avec l’appel à la communauté internationale à condamner fermement les crimes de guerre barbares, illicites et inhumains commis par la Thaïlande, en exigeant que cette dernière soit tenue pleinement responsable, devant le droit international, de ses crimes d'agression, de ses violations et des destructions perpétrées à l'encontre du Cambodge.

Le Temple de Ta Krabey après avoir totalement détruit par les forces armées thaïlandaise le 10 décembre 2025.

Le Temple de Ta Krabey avant la destruction par les forces thaïlandaises
Par C. Nika





