Le CHRC adresse un appel urgent à la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur les violations des droits des personnes déplacées cambodgiennes
AKP Phnom Penh, 26 janvier 2026 --
Le Comité cambodgien des droits de l’homme (CHRC) a soumis un appel urgent à Mme Paula Gaviria Betancur, Rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits de l’homme des personnes déplacées internes, concernant de graves violations des droits des personnes déplacées internes (PDI) cambodgiennes résultant des actions militaires de la Thaïlande.
Dans un communiqué de presse publié ce soir, le CHRC a indiqué que, malgré l’accord de cessez-le-feu conclu lors de la 3e Réunion spéciale du Comité général des frontières (GBC) le 27 décembre 2025, plus de 115 000 PDI cambodgiennes ne peuvent toujours pas regagner leurs foyers à la date du 25 janvier 2026. Cette situation serait due à des actions illégales des forces armées thaïlandaises, notamment la destruction de maisons civiles, l’occupation illégale de territoires cambodgiens et l’installation de conteneurs et de barbelés empêchant un retour sûr et volontaire.
Le CHRC a souligné que ces actes ont laissé de nombreux civils sans abri et constituent des violations flagrantes des dispositions clés de l’accord de cessez-le-feu, en particulier celles garantissant la protection des civils et leur retour en toute sécurité et dignité.
Selon le Comité, la destruction des habitations, le pillage de biens civils et les restrictions à la liberté de mouvement enfreignent gravement le droit international des droits de l’homme et le droit humanitaire international, y compris la Déclaration universelle des droits de l’homme, plusieurs conventions de l’ONU et les Conventions de Genève de 1949.
La situation affecte de manière disproportionnée les groupes vulnérables, notamment les femmes, les enfants, les personnes âgées, les personnes handicapées et les malades, les exposant à des risques accrus tels que la pauvreté, l’interruption de l’éducation et l’accès limité aux services essentiels.
Le CHRC a appelé la Rapporteuse spéciale à examiner la situation en urgence, à mobiliser les mécanismes compétents de l’ONU, à demander le retrait immédiat des forces thaïlandaises du territoire cambodgien et à soutenir le retour sûr et digne des personnes déplacées. Il a également sollicité des réparations, y compris la restitution, l’indemnisation et des garanties de non-répétition.
Le comité a averti que la normalisation des déplacements internes et l’inaction internationale prolongeraient les souffrances des civils et renforceraient l’impunité.


Par C. Nika





