Le Cambodge qualifie de « sacré » l'objectif de paix alors que la trêve frontalière atteint un mois
AKP Phnom Penh, le 28 janvier 2026 --
Un mois après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu à la frontière khméro-thaïlandaise, le gouvernement royal du Cambodge a réaffirmé mercredi son engagement en faveur d'une résolution pacifique, tout en maintenant sa position ferme sur l'intégrité territoriale.
Le porte-parole du gouvernement royal, Pen Bona, a commémoré le premier mois de la trêve, entrée en vigueur le 27 décembre 2025 à midi, après une période de fortes tensions militaires. Lors d'un exposé détaillé, il a présenté les progrès humanitaires et diplomatiques accomplis depuis la cessation des hostilités.
« Le cessez-le-feu est un objectif sacré pour le gouvernement royal et les dirigeants du Cambodge afin de prévenir de nouvelles pertes de vies humaines, des blessures et des destructions », a dit Pen Bona. « Notre peuple a trop souffert et connaît trop bien l'amertume de la guerre. »
Le porte-parole a rappelé un message du Premier ministre Samdech Moha Borvor Thipadei Hun Manet, diffusé peu après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, précisant que la décision de cesser les combats n'était pas un signe de faiblesse.
« Choisir un cessez-le-feu ne signifie pas que le Cambodge capitule ou troque son intégrité territoriale contre la paix », a déclaré le Premier ministre fin décembre dernier. « Au contraire, cela démontre que le Cambodge place la vie et le bien-être de sa population au-dessus de tout, même sous une pression immense. »
Le gouvernement royal a souligné que le Cambodge conservait pleinement son droit de régler ses différends frontaliers avec la Thaïlande par le biais du droit international, des traités existants et des mécanismes bilatéraux.
Le cessez-le-feu a permis des avancées humanitaires significatives : dix-huit soldats cambodgiens ont été libérés et ont retrouvé leurs familles le 31 décembre 2025 ; sur plus de 640 000 civils déplacés par les incursions des troupes thaïlandaises, plus de 80% sont rentrés chez eux. Environ 100 000 personnes demeurent dans des centres de sécurité soutenus par l'État. Des équipes d'intervention évaluent actuellement les impacts des bombardements militaires thaïlandais sur les infrastructures civiles afin de faciliter leur restauration et l'acheminement d'une aide d'urgence.
Dans un souci de transparence, le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et le Groupe de liaison cambodgien ont facilité la visite des diplomates internationaux et de l'Équipe d'observation de l'ASEAN (EOA) pour vérifier l'étendue des dégâts causés par les bombardements aériens et les tirs d'artillerie dans les zones civiles.
Le gouvernement royal, par l'intermédiaire du Secrétariat d'État aux Affaires frontalières, exhorte la Thaïlande à accélérer les travaux de la Commission mixte frontalière (JBC).
Le Cambodge insiste sur le fait que tous les travaux de délimitation doivent respecter scrupuleusement le principe de l'Uti Possidetis Juris, en honorant les cartes et les traités établis par les commissions franco-siamoises.
« Le Cambodge ne reconnaîtra aucune modification de frontière résultant de l'usage de la force », a ajouté Pen Bona, réaffirmant que le Royaume reste attaché aux traités de 1904 et 1907 et aux documents juridiques ultérieurs conclus par les deux nations.

Par C. Nika





