Le Cambodge appelle la Thaïlande à respecter l'accord de cessez-le-feu alors que plus de 20 000 civils restent déplacés
AKP Phnom Penh, le 6 août 2026 --
Plus de sept mois après le Communiqué conjoint adopté à l'issue de la réunion spéciale du Comité général des frontières (GBC) du 27 décembre 2025, plus de 20 000 civils cambodgiens demeurent déplacés et ne peuvent toujours pas regagner leurs foyers, a déclaré jeudi le ministre de l'Information, Neth Pheaktra.
Dans un message sur ses réseaux sociaux, le ministre a rappelé que les deux pays s'étaient engagés à faciliter le retour sûr et digne des populations civiles dans les zones frontalières affectées. Or, des milliers de Cambodgiens vivent encore dans des abris temporaires, ce qui, selon lui, montre que les engagements pris n'ont pas encore été pleinement respectés.
Neth Pheaktra a affirmé que les forces thaïlandaises maintenaient une présence illégale sur le territoire cambodgien à la suite de leur agression armée contre la souveraineté et l'intégrité territoriale du Cambodge. Il a également indiqué qu'elles continuaient de s'appuyer sur une carte unilatérale à l'échelle 1:50 000, qui, selon lui, ne possède aucune valeur juridique face aux frontières internationalement reconnues établies par la Convention de 1904, le Traité de 1907 et les cartes officielles au 1:200 000.
Le ministre a ajouté que les forces thaïlandaises avaient installé des barbelés, placé des conteneurs afin de bloquer des routes et empêché les habitants cambodgiens de regagner leurs villages. Il les a aussi accusées d'avoir détruit des habitations et des infrastructures civiles, en violation des engagements prévoyant un retour libre, sûr et sans entrave des populations déplacées.
Le ministre a souligné que le Communiqué conjoint précisait que tous les accords conclus sont sans préjudice du processus de délimitation de la frontière, lequel relève exclusivement de la Commission mixte frontalière (JBC), conformément au droit international.
Le Cambodge appelle ainsi la Thaïlande à respecter pleinement l'accord du 27 décembre 2025, à mettre fin à sa présence illégale sur le territoire cambodgien, à cesser d'entraver le retour des civils déplacés et à coopérer avec la JBC afin de rétablir une situation normale.
Reprenant les appels du Rapporteur spécial de l’ONU sur les droits de l'homme et de l'ambassadeur de Chine au Cambodge, Neth Pheaktra a conclu qu'une paix véritable ne se limite pas à la cessation des combats, mais implique également le retour volontaire, sûr et digne de toutes les personnes déplacées.



Par C. Nika



