Le ministre cambodgien de l’Information appelle à la reddition de comptes et au respect du droit international
AKP Phnom Penh, le 8 août 2026 —
Le ministre cambodgien de l’Information, Neth Pheaktra, a appelé à des mesures concrètes et à la reddition de comptes afin de faire respecter le droit international, estimant que les démentis répétés ne peuvent effacer les conséquences du conflit armé entre le Cambodge et la Thaïlande.
Dans un message publié samedi soir sur Facebook, le ministre a déclaré que les démentis et les déformations des faits ne pouvaient transformer les actes répréhensibles en actes légitimes. Il a souligné que les affirmations relatives au « professionnalisme », à la « nécessité », à la « proportionnalité » et au « respect du droit international » devaient se traduire par des actes concrets.
Neth Pheaktra a rappelé les deux principales vagues d’hostilités menées par l’armée thaïlandaise contre le Cambodge les 24 juillet et 7 décembre 2025, affirmant qu’elles avaient porté atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Cambodge. Il a indiqué que le conflit avait causé des morts et des blessés et entraîné le déplacement d’environ 650 000 civils au plus fort de la crise.
Selon les chiffres cités par le ministre, 32 civils cambodgiens ont été tués et près de 100 blessés, tandis que plus de 20 000 personnes déplacées ne peuvent toujours pas regagner leurs foyers, leurs villages et leur vie normale.
Il a également affirmé que les affrontements avaient affecté de nombreux sites et infrastructures civils, notamment des pagodes, des temples anciens, des habitations, des écoles, des hôpitaux, des centres de santé, des ponts et des routes. Des habitations civiles auraient également été détruites ou rasées au bulldozer, y compris après la conclusion d’accords de cessez-le-feu, a-t-il ajouté.
Le ministre a appelé la Thaïlande à prendre des mesures concrètes pour faciliter le retour des populations déplacées, notamment en retirant les conteneurs, en démantelant les barbelés, en rouvrant les voies d’accès et en mettant fin aux actions empêchant les civils de regagner leurs foyers. Il a rappelé que le droit à un retour sûr, volontaire et digne repose sur les principes fondamentaux des droits de l’homme et du droit international, et a également été souligné par le Rapporteur spécial de l’ONU.
Concernant la question frontalière, Neth Pheaktra a appelé à la mise en œuvre fidèle des engagements pris le 27 décembre 2025, notamment la poursuite des travaux de levé et de démarcation de la frontière par les mécanismes convenus entre les deux parties, sans mesures unilatérales visant à créer de nouveaux faits accomplis sur le terrain.
Il a souligné que le règlement de la question frontalière devait reposer sur les instruments juridiques applicables, notamment la Convention franco-siamoise de 1904 et le Traité franco-siamois de 1907, ainsi que les arrangements frontaliers qui en découlent. D’après lui, une carte établie unilatéralement par une partie ne peut se substituer aux traités ni établir à elle seule la souveraineté sur le territoire d’un autre État.
Neth Pheaktra a enfin insisté sur le fait que le professionnalisme devait se traduire par le respect du droit international, la protection des civils, la nécessité et la proportionnalité des actions militaires, ainsi que par la transparence et la reddition de comptes. « Lorsque la réalité sur le terrain comprend des cratères de bombardement, des infrastructures civiles endommagées, des habitations détruites, des civils tués et blessés et des dizaines de milliers de personnes toujours incapables de rentrer chez elles, répéter cent fois les mots “professionnalisme” et “respect du droit international” ne peut effacer ces preuves », a-t-il déclaré.
Le ministre a conclu en appelant à respecter le droit par les actes, à démontrer le professionnalisme par la responsabilité et à construire la paix en permettant aux personnes déplacées de regagner leurs foyers, soulignant que les preuves pèsent davantage que les démentis et que les actes comptent davantage que les paroles.




Par C. Nika



