Le sbay khmer témoigne de la brillante civilisation des ancêtres, préservée par les nouvelles générations
AKP Phnom Penh, le 7 octobre 2026 --
Les études historiques et les preuves archéologiques montrent que les vêtements traditionnels khmers ont évolué au fil de nombreux siècles, le sbay constituant une composante importante de ce patrimoine culturel. Enraciné dans la civilisation khmère depuis la période du Funan, le sbay a été transmis et porté de génération en génération jusqu’à nos jours.
Dans un atelier consacré aux orientations relatives au sbay khmer et à son utilisation dans les coutumes traditionnelles et les mariages khmers, organisé le 6 octobre à Phnom Penh, le Dr Phoeurng Sackona, ministre de la Culture et des Beaux-Arts, a indiqué que le sbay était largement utilisé comme élément de la tenue nationale traditionnelle, dans les cérémonies de mariage, notamment lors du rituel du « Preah Thaong Taong Sbay », ainsi que dans les représentations artistiques traditionnelles.
La ministre a décrit les mariages et les tenues traditionnels khmers comme l’esprit et le souffle de la nation, ainsi que comme une expression ancienne de la civilisation khmère. Elle a relevé que les traditions matrimoniales avaient évolué au fil des générations, tout en soulignant que le respect envers les mères (femmes) constituait une caractéristique particulière de la société khmère.
Le Dr Phoeurng Sackona a souligné que la longue histoire du sbay était attestée par son utilisation continue dans les cérémonies de mariage khmères, notamment par la tradition selon laquelle le marié tient le sbay de la mariée, ce qui, selon elle, témoigne de la grande valeur traditionnellement accordée aux femmes.
Elle a ajouté que les témoignages de la brillante période angkorienne, notamment les inscriptions et les sculptures sur pierre, reflétaient également les réalisations culturelles, artistiques et économiques de la civilisation khmère à cette époque.
Concernant la préservation du patrimoine culturel khmer, la ministre a insisté sur la nécessité pour les Cambodgiens d’œuvrer ensemble à la protection et à la promotion de leurs traditions. Elle a précisé que le patrimoine culturel khmer se manifestait non seulement à travers les pratiques traditionnelles, les sculptures et les objets archéologiques, mais aussi à travers les traditions vivantes et la recherche scientifique.
« L’histoire khmère ne vit pas seulement dans les livres ou dans les pierres des temples. Elle vit dans notre peuple, dans nos mémoires, dans nos pratiques et dans le cœur de chacun d’entre nous », a-t-elle déclaré.
Le Dr Phoeurng Sackona a aussi appelé les personnes travaillant dans le secteur culturel, en particulier les artistes et les professionnels de la beauté directement impliqués dans les cérémonies de mariage khmères, à reconnaître que leur travail n’était pas simplement une activité quotidienne, mais une profession honorable, ainsi qu’une forme d’ambassade culturelle et une responsabilité de préserver le patrimoine khmer.
Elle les a exhortés à comprendre et à préserver la valeur culturelle des traditions khmères et à en connaître l’histoire, tout en encourageant une créativité qui demeure ancrée dans les formes traditionnelles khmères. Elle a mis en garde contre les adaptations inappropriées susceptibles de donner l’impression que les traditions khmères sont des copies de celles d’autres peuples et d’entraîner ainsi la perte de leur identité khmère distinctive.
Les preuves historiques attestant le rôle du sbay dans la culture khmère comprennent notamment des statues, des inscriptions, des sculptures, des manuscrits, des textes sur feuilles de palmier et des peintures anciennes. Ces sources témoignent de la continuité du développement et de l’évolution du sbay à travers les différentes périodes historiques, notamment les périodes angkorienne et post-angkorienne.



Article en khmer par Makara
Article en français par C. Nika


