Yoon sous la menace croissante d'une destitution pour l'instauration de la loi martiale
AKP Phnom Penh, le 04 janvier 2025—
Le président Yoon Suk Yeol fait face à une offensive croissante de la part du principal parti de l'opposition qui cherche à obtenir sa destitution pour haute trahison, au lendemain de sa tentative avortée d'imposer la loi martiale qui s'est heurtée à l'opposition de l'Assemblée nationale.
Hier soir, à la surprise générale, Yoon a décrété la loi martiale d'urgence en prétextant que l'opposition perturbait la bonne marche du pays avec ses tentatives de destitutions visant des officiels du gouvernement et ses coupes opérées dans le budget de l'Etat pour l'année 2025.
Cette loi martiale, bien qu'elle fût finalement de courte durée, a profondément choqué la nation qui a assisté à la prise d'assaut de l'Assemblée nationale par des soldats, du jamais vu depuis la mise en place de l'actuel régime démocratique en 1987.
La loi martiale a été levée ce mercredi au petit matin après que l'Assemblée nationale l'a rejetée à l'unanimité des 190 députés présents, dont 18 issus du Parti du pouvoir du peuple (PPP), la formation au pouvoir. La loi martiale n'aura été effective que pendant six heures environ.
Cette décision hâtive de Yoon a plongé la Corée du Sud dans un chaos politique et l'avenir du président paraît désormais précaire, les députés de l'opposition appelant désormais ouvertement à son retrait de la présidence.
Le Parti démocrate (PD), principale formation de l'opposition, a déclaré qu'il poursuivrait en justice Yoon ainsi que ses ministres de la Défense et de l'Intérieur pour haute trahison afin de les tenir responsables de leur agissement.
Après l'annonce de Yoon en direct sur les chaînes de télévision tard dans la soirée d'hier, 280 soldats ont pénétré dans le bâtiment de l'Assemblée nationale et des policiers en bloquaient l'accès, selon le secrétaire général du Parlement.
Le chef du PD, Lee Jae-myung, a qualifié d'«illégale» cette proclamation de la loi martiale en affirmant que Yoon «n'est plus le président» de la Corée du Sud.
Cet après-midi, les six partis de l'opposition ont déposé au Parlement une motion de destitution contre Yoon. Le Parlement doit soumettre au vote la motion dans les 72 heures suivant sa présentation en séance plénière. Son adoption exige la majorité qualifiée des deux tiers des députés.
Le PD et d'autres petites formations de l'opposition totalisent 192 sièges, ce qui signifie qu'au moins huit des 108 députés du PPP devront soutenir la motion pour que celle-ci soit approuvée. En cas d'adoption, la Cour constitutionnelle devra ensuite se prononcer sur la légitimité de la destitution.
Durant toute la période de délibération par la Cour, les compétences accordées par la Constitution au président seraient suspendues et ce serait le Premier ministre Han Duck-soo, le numéro deux du gouvernement, qui assumerait les responsabilités présidentielles.
Si certains députés du PPP ont voté contre la proclamation de la loi martiale, il reste difficile de déterminer s'ils sont pour autant prêts à se ranger du côté de l'opposition pour se prononcer en faveur de la destitution du président.
Han Dong-hoon, le chef du parti au pouvoir, a déclaré que les députés du PPP étaient pour la plupart d'accord pour dissoudre le gouvernement et mettre à la porte le ministre de la Défense, mais qu'ils restent divisés concernant la possibilité d'exclure Yoon du parti.
Yoon, élu en mars 2022 avec une petite marge face au chef du PD, Lee Jae-myung, a dû faire face à des défis constants de la part de l'opposition ainsi qu'à des conflits internes au sein de son propre parti conservateur, provoqués en partie par des controverses autour de son épouse, Kim Keon Hee.
Sa soudaine proclamation de la loi martiale a provoqué une crise politique et a surpris les alliés de la Corée du Sud comme les Etats-Unis qui ont accueilli favorablement la levée de la loi martiale.
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a déclaré que les Etats-Unis continuaient à espérer que «les désaccords politiques puissent se résoudre de manière pacifique et dans le respect de l'Etat de droit».
Des inquiétudes concernant une éventuelle absence à la tête de l'Etat s'intensifient d'autant plus que des défis sécuritaires et économiques importants sont attendus avec le retour à la Maison-Blanche le mois prochain de Donald Trump. Yoon avait prévu de rencontrer Trump dans les meilleurs délais après l'investiture de ce dernier le 20 janvier.

AKP- Yonhap





