Un haut responsable remet en question les affirmations de la Thaïlande concernant les mines antipersonnel
AKP Phnom Penh, le 14 décembre 2025 -- Le Cambodge a exprimé de vives inquiétudes quant à la justification avancée par la Thaïlande pour ses récentes actions militaires le long de la frontière khméro-thaïlandaise, rejetant les allégations selon lesquelles les mines antipersonnel seraient à l’origine des opérations transfrontalières et de la reprise des hostilités.
Dans un communiqué abordant cette question, le Dr Ly Thuch, ministre d’Etat et premier vice-président de l’Autorité d’action contre les mines et d’assistance aux victimes du Cambodge (CMAA), a affirmé qu’il n’existait aucun précédent dans les relations internationales modernes où un pays lançait des attaques d’artillerie, des frappes aériennes ou des incursions militaires dans un État voisin en réponse à un incident impliquant une mine antipersonnel.
Les accidents liés aux mines, lorsqu’ils surviennent, sont traités par le biais d’enquêtes, de vérifications techniques et de coopération, et non par des tirs d’artillerie, des frappes aériennes ni des opérations militaires transfrontalières, a-t-il ajouté.
Selon lui, aucune enquête conjointe n’a été menée concernant les incidents liés aux mines présumés. Aucun expert neutre n'a été invité, aucune preuve n'a fait l'objet d'un examen conjoint. Le Cambodge a officiellement demandé la transparence et une vérification par un tiers. Ces demandes ont été refusées.
Le premier vice-président de la CMAA a également insisté les victimes civiles survenues lors d'un cessez-le-feu il y a moins de deux semaines, au cours duquel plusieurs civils cambodgiens auraient été tués ou blessés par balle. Il s'est dit préoccupé par le fait que ces incidents n'aient pas été mentionnés dans les récents rapports publics relatifs au conflit.
« Le Cambodge aspire à la paix, mais la paix doit reposer sur la vérité, et non sur la répétition d'allégations non vérifiées. Notre souveraineté, nos civils et notre dignité ne sont pas négociables », a précisé le Dr Ly Thuch.
Si la Thaïlande croyait réellement que des mines représentaient un risque dans les zones contestées, une question fondamentale s'impose : « Pourquoi les procédures standard du génie militaire n'ont-elles pas été suivies ? Pourquoi les itinéraires n'ont-ils pas été inspectés, déminés ou vérifiés par les sapeurs de combat avant le déploiement des troupes, des procédures que toute armée professionnelle applique dans les zones suspectées d'être minées ? »
Ces incohérences soulèvent de sérieuses questions quant à la crédibilité du récit concernant les mines, a-t-il dit, réaffirmant que le Cambodge n'a pas posé de nouvelles mines, a demandé à plusieurs reprises une enquête et a respecté les conventions internationales.
« Lorsque les allégations remplacent les preuves et que la force remplace le processus, le problème n'est plus celui des mines, mais celui de l'intention », a-t-il souligné.



Par C. Nika





