Le Cambodge proteste contre les violations persistantes de sa souveraineté et de son intégrité territoriale par la Thaïlande
AKP Phnom Penh, le 8 septembre 2026 --
Le gouvernement royal du Cambodge a une nouvelle fois fermement protesté contre les violations persistantes par la Thaïlande de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Cambodge dans des zones qui ont été illégalement occupées par les forces thaïlandaises depuis décembre 2025.
Selon un communiqué de presse publié mardi soir par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, les forces armées thaïlandaises ont démoli, le 31 août, deux habitations civiles cambodgiennes dans la zone de Boeung Trakoun, au village de Trapeang Samraong, commune de Kork Romeat, district de Thmâr Puok, province de Banteay Meanchey.
Elles ont ensuite nivelé le terrain et construit un remblai en terre destiné à servir de base à l’édification d’une structure militaire permanente.
Du 1er au 3 septembre, les forces thaïlandaises ont déployé des engins lourds pour construire des bunkers militaires à proximité de la pagode d’O’ Khla Khmum, à O’ Smach, dans la ville de Samraong, province d’Oddâr Meanchey.
Du 4 au 7 septembre, elles ont utilisé des engins pour forer un puits dans le village de Chouk Chey, commune d’O’ Beichoan, district d’O’ Chrov, province de Banteay Meanchey. Le 7 septembre, elles ont également démoli des structures civiles cambodgiennes dans le village de Prey Chan, relevant de la même commune et du même district.
Le ministère a aussi indiqué que, le 7 septembre, le maréchal de l’air thaïlandais Prapas Sornchaidee avait conduit une équipe d’observateurs de l’ASEAN en Thaïlande (AOT-TH), accompagnée de médias thaïlandais et étrangers, pour observer des bâtiments situés au sud-est du Royal O’ Smach Hotel and Resort, à O’ Smach, province d’Oddâr Meanchey, occupés illégalement par les forces thaïlandaises depuis décembre 2025.
« Cette visite non autorisée constitue une affirmation illégale de l’autorité administrative thaïlandaise sur le territoire cambodgien. Le Cambodge rejette l’utilisation de la lutte contre la criminalité comme prétexte à une violation territoriale », a souligné le communiqué.
Le ministère a affirmé que les activités susmentionnées violaient la souveraineté et l’intégrité territoriale du Cambodge, ainsi que le Mémorandum d’entente de 2000 entre le Cambodge et la Thaïlande sur les travaux de levé et de démarcation de la frontière terrestre et le Communiqué conjoint du 27 décembre 2025 de la 3e réunion spéciale du Comité général des frontières (GBC).
En vertu de ce Communiqué conjoint du GBC, les deux parties étaient convenues de soumettre la question à la Commission mixte frontalière (JBC) afin de reprendre dans les meilleurs délais les travaux de levé et de démarcation, conformément aux accords bilatéraux existants.
Le Cambodge a réitéré qu’il n’acceptait aucune ligne frontalière ni aucune revendication territoriale affirmée unilatéralement par la Thaïlande, soulignant que les activités rapportées ne sauraient porter atteinte à ses droits ni à sa position juridiques concernant la frontière internationale.
Le gouvernement royal a appelé la Thaïlande à mettre fin à ces actions, à respecter son engagement en faveur de la désescalade, à renforcer la confiance mutuelle et à promouvoir un règlement pacifique des différends, afin de restaurer la paix, la stabilité et les relations de bon voisinage le long de la frontière. Le Cambodge a réaffirmé son engagement à régler tous les différends frontaliers avec la Thaïlande exclusivement par des moyens pacifiques, conformément au droit international et aux accords bilatéraux existants, tout en maintenant que les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force.


Par C. Nika





