Le Cambodge rejette les affirmations thaïlandaises à l’ONU et appelle à la cessation immédiate des actes illégaux à la frontière
AKP Phnom Penh, le 15 octobre 2026 —
Un diplomate cambodgien a rejeté mercredi les déclarations du représentant thaïlandais lors d’une réunion des Nations Unies à Genève, affirmant que le Cambodge n’avait ni déclenché le récent conflit frontalier ni intensifié les hostilités.
KE Sovann, ambassadeur et représentant permanent du Cambodge auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, a fait ces remarques en réponse aux déclarations de Benjamin Sukanjanajtee, représentant permanent de la Thaïlande, lors du débat général de la 77e session du Comité exécutif du Programme du Haut-Commissaire (ExCom) du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), le 14 octobre.
KE Sovann a déclaré que la délégation cambodgienne rejetait fermement les affirmations thaïlandaises, qu’elle juge fausses et infondées, estimant qu’elles visaient à déformer la situation sur le terrain et à induire en erreur les États membres de l’ONU.
Il a précisé que le Cambodge n’avait ni déclenché le différend ni intensifié les hostilités. Le 28 mai 2025, des soldats thaïlandais avaient ouvert le feu sur une position militaire cambodgienne, tuant un soldat cambodgien, ce qui avait entraîné une aggravation des tensions.
Concernant les personnes déplacées, le diplomate cambodgien a souligné que des citoyens cambodgiens avaient été contraints de fuir leurs foyers situés sur le territoire cambodgien en raison du conflit frontalier de 2025, provoqué notamment par les attaques des forces armées thaïlandaises. Selon les données du HCR, le rapatriement des derniers réfugiés cambodgiens vivant dans des camps en Thaïlande avait été achevé en mars 1999 et tous les camps avaient été fermés.
L’ambassadeur a rappelé que la frontière internationale entre les deux pays était reconnue par la Convention franco-siamoise de 1904 et le Traité franco-siamois de 1907, sur la base de cartes établies à l’échelle de 1:200 000. Il a souligné que les deux pays étaient tenus de respecter les frontières internationalement reconnues.
Concernant les accusations relatives aux mines terrestres, il a affirmé : « Le Cambodge n’a jamais posé de nouvelles mines antipersonnel. Les récentes explosions impliquant des soldats thaïlandais se sont produites dans d’anciens champs de mines bien documentés, situés à l’intérieur du territoire cambodgien et datant de la guerre civile. Le Cambodge reste pleinement attaché au respect de ses obligations au titre de la Convention d’Ottawa. »
Il a ajouté que le Communiqué conjoint signé le 27 décembre 2025 ne légitimait aucune occupation illégale du territoire cambodgien par les forces thaïlandaises et n’autorisait pas la destruction de logements civils, d’infrastructures ou de biens culturels sur le territoire cambodgien.
Le Cambodge appelle fermement la Thaïlande à cesser immédiatement toutes les activités illégales dans les territoires cambodgiens occupés, en particulier celles visant à modifier le statu quo ou à créer un fait accompli, ainsi qu’à autoriser et faciliter, dans les meilleurs délais, le retour des citoyens cambodgiens déplacés dans leurs foyers en toute sécurité et dans la dignité, a déclaré l’ambassadeur.


Par C. Nika





