La Commission de conciliation de la CNUDM accepte d’intégrer les propositions du Cambodge au dispositif de mesures de confiance
AKP Phnom Penh, le 20 octobre 2026 --
Les quatre propositions clés du Cambodge ont été acceptées pour être intégrées à un ensemble de mesures de confiance par la Commission de conciliation établie dans le cadre de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS/CNUDM), dans le but d’apaiser les tensions et de créer un environnement favorable au règlement du différend maritime frontalier entre le Cambodge et la Thaïlande.
Prak Sokhonn, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a annoncé ce résultat lors d’une interview spéciale diffusée le 20 octobre par la Télévision nationale du Cambodge (TVK), à la suite de la deuxième réunion de la Commission à La Haye, aux Pays-Bas.
Les quatre propositions portent sur une communication publique constructive, l’abstention de toute menace ou recours à la force, le rétablissement des relations diplomatiques à un niveau approprié et la mise en œuvre intégrale des accords existants. Les deux parties devraient éviter toute rhétorique incendiaire susceptible de compromettre les négociations et s’abstenir de toute menace militaire ou de tout recours à la force dans les zones maritimes concernées, afin de garantir la sécurité de la navigation et de protéger les moyens de subsistance des communautés de pêcheurs côtières.
Concernant la représentation diplomatique, le Cambodge a proposé de rétablir les relations à un niveau approprié, notamment par le retour des chefs de mission adjoints, après que la représentation des deux pays a été ramenée au niveau de deuxième secrétaire. Cette mesure vise à maintenir une communication directe entre les deux gouvernements, en particulier entre leurs Premiers ministres et leurs ministres des Affaires étrangères, afin de régler les différends par la voie diplomatique plutôt que par des moyens militaires.
La quatrième proposition appelle les deux parties à mettre fidèlement en œuvre les accords existants, en particulier le cessez-le-feu et le Communiqué conjoint du 27 décembre 2025. Le vice-Premier ministre Prak Sokhonn a précisé que les tensions terrestres pouvaient avoir des répercussions négatives sur le processus de conciliation maritime, rendant indispensable le respect des accords relatifs à la frontière terrestre, malgré le mandat maritime de la Commission.
Les deux parties sont également convenues d’établir une ligne téléphonique directe entre leurs commandants de marine afin de traiter les incidents maritimes urgents pendant les négociations. En outre, la Commission a reconnu le droit du Cambodge de s’exprimer sur la scène internationale pour défendre les faits et ses droits légitimes, ainsi que pour rectifier les informations erronées.
En réponse aux accusations formulées précédemment par la Thaïlande selon lesquelles le Cambodge chercherait à se présenter comme une victime, le vice-Premier ministre Prak Sokhonn a déclaré : « Le Cambodge n’a pas besoin de jouer à la victime, car nous sommes déjà la victime. »
Il a souligné que les mesures de confiance revêtaient un poids juridique, politique et moral important, car elles avaient été prises au Palais de la Paix, à La Haye, qui abrite la Cour internationale de Justice (CIJ) et la Cour permanente d’arbitrage (CPA). Il a comparé les engagements pris devant ces institutions au fait de prêter serment dans une pagode devant des bonzes, insistant sur l’importance de respecter les engagements en matière de droit international et de diplomatie.
Selon Prak Sokhonn, la troisième réunion de la Commission se tiendra à Kuala Lumpur, en Malaisie, du 23 au 27 novembre 2026, suivie de sa quatrième réunion à La Haye, fin janvier 2027.

Par C. Nika





